Comment réduire les nuisances urbaines tout en fluidifiant la logistique ? Lors de l’atelier du 20 novembre 2024 organisé par la Fondation Modus, trois ambitieux projets ont été imaginés pour renforcer la micrologistique à Genève. Conciergeries dans les écoquartiers, faitière du secteur ou laboratoires grandeur nature, les solutions envisagées pourraient accélérer la transition des systèmes de livraison.
L’atelier micrologistique urbaine durable a réuni une dizaine de participant·es issu d’horizons variés. Fabricant de vélo cargo, collecteur de déchets, spécialistes de la logistique, responsables de mobilité à la Ville ou à l’État de Genève, fondateur d’une entreprise de coursier à vélo, représentant de La Poste, recycleur et créatrice de liens sociaux, toutes et tous se sont penché·es sur des enjeux pressants : congestion des centres-villes, nuisances environnementales et tensions dans l’espace public. En une après-midi, de grandes problématiques urbaines ont été transformées en solutions applicables que la Fondation Modus pourrait suivre, voire soutenir.

Grâce à des discussions et à des post-it soigneusement collés, les thématiques clés de la logistique urbaine durable ont émergé : qualité de vie, décarbonation, efficacité, multimodalité, rationalisation de l’espace public, mutualisation des ressources, circuits courts, décongestion et circularité.


Avant d’imaginer des solutions, le groupe a dû lister les obstacles: réticence au changement, complexité réglementaire, coûts élevés et manque d’espace dans une ville dense comme Genève. Des freins qui ne l’ont pas découragé puisque des opportunités ont aussi été identifiées : essor des écoquartiers, innovations technologiques (véhicules autonomes, électrification) et appui croissant des politiques publiques.


En s’appuyant sur ces constats, les idées ont fusé et trois projets ont été choisis pour leur potentiel impact.
Des conciergeries logistiques pour écoquartiers centraliseraient la livraison et la collecte de colis. En mutualisant les services, elles optimiseraient les flux logistiques tout en réduisant les nuisances sonores et les émissions de gaz à effet de serre. Les habitants bénéficieraient d’une qualité de vie améliorée dans des quartiers plus calmes et dynamiques.
Les défis restent nombreux : financement, contraintes réglementaires et acceptation par les riverains. Mais l’idée pourrait s’intégrer aux normes imposées aux dépveloppeurs fonciers, garantissant ainsi une mise en œuvre pérenne.

Le deuxième projet vise à rassembler le secteur de la micrologistique dans une même faitière. Cette structure parlerait d’une seule voix aux pouvoirs publics, renforçant le poids politique de la logistique urbaine durable.
Si la mise en place semble relativement simple, la reconnaissance officielle et le financement restent des enjeux cruciaux.

Le dernier propose de transformer une zone emblématique de Genève, les Rues Basses, en un laboratoire de logistique durable. Ce pilote testerait la piétonisation, les modes doux et la logistique du dernier kilomètre. La réduction des émissions de GES et l’attractivité commerciale seraient mesurées. De plus, cette méthodologie s’adapterait aisément à d’autres quartiers. Cependant, des résistances pourraient émerger face à la suppression de stationnements et à la complexité des partenariats public-privé. Malgré cela, ce projet ambitieux pourrait redéfinir les flux logistiques en centre-ville.

Si l’atelier a permis de poser les bases de ces projets, la véritable épreuve reste à venir : les concrétiser. Forte de son rôle de facilitateur, la Fondation Modus va travailler sur ces initiatives prometteuses pour faire de la micrologistique urbaine un levier essentiel de la transition durable.
