AFTERWORK de la mobilité #2: Comment l’automobile peut-elle se réinventer ?

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La voiture fait l'objet de nombreuses critiques mais il paraît difficile de s'en passer. Les pistes de tranformation abordées pendant la soirée laissent entrevoir un monde avec moins, mais pas sans automobile.

Critiquée pour son rôle central dans les émissions de CO2 et son emprise sur l’espace public, la voiture occupe et continuera à occuper une place primordiale dans le mix de mobilité des habitantes du Grand Genève. L’Afterwork de la mobilité du 5 juin, intitulé : "Comment l’automobile peut-elle se réinventer ?" a exploré cette tension entre désamour et nécessité.

L’événement a souligné la complexité des enjeux entourant la voiture. Bien que beaucoup prédisent une diminution de son usage, en particulier dans les centres-villes, la voiture conservera un rôle clé, notamment dans les zones rurales. La réinvention de l’automobile ne concerne pas seulement son aspect technique, mais aussi son usage et son intégration dans un système de mobilité plus large.

Les trois participants ont esquissé plusieurs pistes de tranformation, parmi lesquelles :

Si l’électrification est souvent présentée comme la principale alternative à l’essence, les biocarburants et l'hydrogène, pourraient jouer un rôle complémentaire, notamment pour les longs trajets où la voiture électrique montre encore des limites. Sandro Mesquita, le dernier directeur général du Salon automobile de Genève, a évoqué les défis auxquels les constructeurs européens font face, notamment la montée en puissance des marques chinoises dans les véhicules électriques et l’importance croissante des logiciels dans la chaîne de valeur des véhicules. Il a prédit que l’avenir de l’automobile pourrait dépendre d’un mélange de technologies et d’une forte adaptation aux besoins locaux.

L'autopartage et le covoiturage ont été identifiés comme des moyens d'optimiser l’utilisation des véhicules, réduisant ainsi la consommation d’espace et les émissions associées à leur production et leur utilisation. Antonin Calderon, un économiste spécialiste des chaînes de valeur de la transition écologique, a présenté le projet CoMob, un outil de partage pair à pair qui permet de mutualiser à l'échelle d'un immeuble ou d’un quartier des voitures, des vélos-cargos ou d’autres moyens de transport.

La voiture devra s’intégrer à d’autres modes de transport, comme les transports publics et les vélos, pour offrir une mobilité fluide et adaptée aux besoins variés des usagers. Emmanuel Ravalet, docteur en économie des transports et associé dans le bureau d'études Mobil'Homm a lui insisté sur l’importance de considérer la voiture non seulement comme un objet technique, mais comme un élément d'un système complexe, impliquant des infrastructures, des réglementations et des habitudes sociales. Pour lui, repenser l’automobile signifie également repenser les territoires dans lesquels elle évolue.

Les discussions lors de l’Afterwork de la mobilité ont montré que l’automobile se réinvente déjà en cherchant à réduire son empreinte écologique, mais qu’elle va continuer à constituer la principale réponse aux besoins de mobilité de certain·es, notamment dans les zones excentrées.